Extrêmement rigoureuse l'enquête de Harel remonte la piste des nombreux écrans qu'empruntent les circuits de blanchiment. Les traits d'esprit de l'auteur, son indignation contenue, font de cette tournée au royaume des malversations un voyage fascinant. La « BNP Paricibas la monnaie » est sévèrement épinglée. Tout comme la City de Londres, qui, nous explique l'auteur, « lave plus blanc ».
Autre trouvaille de nos amis congolais, la société congolais des transports maritimes est, explique l'auteur, « une entreprise privée dont l'actionnaire principal est au Luxembourg, chargé de lever les impôts qu'elle ne reverse jamais au Trésor congolais et touchant des millions d'euros de subventions ». On comprend mieux le niveau de vie de Wilfried Nguesso, le neveu du Président et patron de la Socotram, résidant dans un 550 mètres carrés à Courbevoie. Et les 9,2 milliards de dollars de dette publique, un boulet pour le petit Congo.
Lorsque le 28 février 2006, Sassou rejoint son ami Jacques (Chirac), « prisonnier consentant du triangle des Bermudes pétrolier », sous les ors de l'Elysée pour lancer un appel à la solidarité internationale, Harel dénonce le spectacle « obscène ». Mais il ne manque pas de stigmatiser aussi dans cet ouvrage ravageur, Blair, Bush, Exxon et Mobil, sans oublier « le nouveau caïman chinois dans le marigot du pétrole africain ».