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Dans le Marigot du pétrole Congolais

Dans le Marigot du pétrole Congolais
Une goutte de pétrole, disait Georges Clemenceau, vaut une goutte de sang ». Auteur d'une brillante enquête sur les malheurs de la Françafrique, Xavier Harel, journaliste à « La Tribune », n'est pas loin de penser que « le don du ciel » qu'était le pétrole se sera transformé, pour beaucoup, en « malédiction ». Et il en veut pour preuve la situation du Congo-Brazzaville, l'exemple parfait, dont les ressources ont été pillées par leurs propres dirigeants, avec la bénédiction de la France et du groupe Elf, qui distribue « bonus et abonnements » aux amis du régime. Résultat, un Congolais sur trois ne mange pas à sa faim et un sur deux n'effectue aucune scolarité. Dans ce petit pays, une seule route est goudronnée qui mène de la capitale Brazzaville à la petite commune d'Oyo, d'où est originaire le chef de l'Etat congolais, le très marxiste ( !) Denis Sassou Nguesso (qui descend à New York au Palace Hotel, 8 500 dollars la nuit).

Extrêmement rigoureuse l'enquête de Harel remonte la piste des nombreux écrans qu'empruntent les circuits de blanchiment. Les traits d'esprit de l'auteur, son indignation contenue, font de cette tournée au royaume des malversations un voyage fascinant. La « BNP Paricibas la monnaie » est sévèrement épinglée. Tout comme la City de Londres, qui, nous explique l'auteur, « lave plus blanc ».

Autre trouvaille de nos amis congolais, la société congolais des transports maritimes est, explique l'auteur, « une entreprise privée dont l'actionnaire principal est au Luxembourg, chargé de lever les impôts qu'elle ne reverse jamais au Trésor congolais et touchant des millions d'euros de subventions ». On comprend mieux le niveau de vie de Wilfried Nguesso, le neveu du Président et patron de la Socotram, résidant dans un 550 mètres carrés à Courbevoie. Et les 9,2 milliards de dollars de dette publique, un boulet pour le petit Congo.

Lorsque le 28 février 2006, Sassou rejoint son ami Jacques (Chirac), « prisonnier consentant du triangle des Bermudes pétrolier », sous les ors de l'Elysée pour lancer un appel à la solidarité internationale, Harel dénonce le spectacle « obscène ». Mais il ne manque pas de stigmatiser aussi dans cet ouvrage ravageur, Blair, Bush, Exxon et Mobil, sans oublier « le nouveau caïman chinois dans le marigot du pétrole africain ».
# Posté le jeudi 16 novembre 2006 10:29
Modifié le jeudi 31 mai 2007 15:00

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