Un fait sans précédent dans l'histoire de l'humanité que de voir d'anciens colonisés insulter la mémoire de leurs propres ancêtres en célébrant leurs anciens maîtres. Spécificité de l'élite et des dirigeants congolais qui demeurent plus que jamais les garants de la pérennité du colonialisme sur le continent : « après plus d'un siècle, Brazzaville (reste la) dernière capitale d'Afrique à porter encore le nom de son colonisateur », a raillé la presse internationale...
Pourquoi tant de zèle à donner des gages de soumission et d'obéissance à l'ancienne métropole?
La faute peut-être à ces " philosophies " telle la Franc-maçonnerie qui continue de lier, au bénéfice de l'ancienne puissance coloniale anciens colonisateurs et anciens colonisés.
En tout cas, ceux des Congolais qui ont éprouvé jusqu'aux tréfonds une telle forfaiture au regard de notre histoire commune auront du mal à s'en remettre. Surtout à la lecture du protocole d'accord signé entre « l'homme du mausolée de la honte » et les descendants du colon.
On y lit notamment qu' « une statue du Roi MAKOKO Iloo 1er devra être réalisée pour être placée près de celle de Pierre SAVORGNAN DE BRAZZA à l'entrée du Mausolée devant accueillir les restes mortuaires de ce dernier et de sa famille ».
Si en effet une statue géante du colon violeur a bien été érigée, celle du Makoko, qui est visiblement le personnage secondaire de l'histoire, puisque teke, noir et africain, peut toujours attendre...
Autre révélation. L'accord stipule que « les diverses cérémonies prévues à l'occasion du transfert des restes mortuaires de Pierre SAVORGNAN DE BRAZZA et de sa famille à BRAZZAVILLE, sur le Territoire congolais, devront se dérouler en présence de sa Majesté MAKOKO Auguste NGUEMPIO en sa qualité d'unique autorité spirituelle du Royaume Téké, historiquement et traditionnellement situé dans la région de MBE, ainsi qu'en la présence de la Reine NGALIFOUROU III et du Premier Vassal N'GAILINO avec toute la Cour royale ».
Cette disposition éclaire l'attitude de la présidence de la République qui a dû capituler en rase campagne, enjoignant à la dernière minute au sieur Yoka, ci-devant directeur du cabinet du chef de l'Etat de faire le voyage de Mbé pour inviter en personne le roi Nguempio d'assister aux manifestations. Pour comprendre il convient de rappeler que le palais de Mpila privilégiait jusque-là un autre roi pour les Téké. Un roi-féticheur désigné par ses soins.
Le palais de Mpila pourra toujours nous expliquer que dans cette affaire de transfert d'ossements les descendants de Brazza étaient demandeurs (c'est la thèse officielle), il aura du mal à convaincre au regard des exigences (du peu de considération sinon du mépris ?) exprimées par la partie italienne dans le texte de l'accord.
Au rayon des relations de soumission coloniale qui perdurent, ce diktat énoncé dans l'accord gaîment signé par la partie congolaise : « tous les édifices privés ou publics (comme par exemple le Lycée Pierre SAVORGNAN DE BRAZZA à BRAZZAVILLE) portant le nom de cet illustre explorateur devront faire l'objet d'une attention particulière de la part de toutes les autorités congolaises compétentes et ce notamment afin qu'ils fassent l'objet d'un entretien constant ». Oui Maîtres.
Enfin, on n'est jamais trop prudent : le protocole prévoit que « si par impossible le Mausolée de BRAZZAVILLE venait à être détruit pour une quelconque raison, les restes mortuaires de Pierre SAVORGNAN DE BRAZZA et des membres de sa famille seront transférés à la Basilique Sainte-Anne de BRAZZAVILLE »... Encore oui Maîtres, mais soyez rassurés, nous n'avons pas de mauvaises pensées et le fleuve Congo ne connaît pas de tsunamis.
Vive nos dieux les blancs........