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Le philanthrope et l'épicier.

Le philanthrope et l'épicier.
L'homme le plus riche du monde (sa fortune est estimée à 50 milliards de dollars), Bill Gates patron de Microsoft, a décidé de se retirer des affaires et de consacrer son temps et son énergie à distribuer une grande partie de la fortune qu'il a accumulée. Argent gagné, non point dans des transactions sur des cargaisons pétrolières occultes ou sur des trafics quelconques. Une richesse construite sur l'intelligence pure et la plus grande intelligence, aujourd'hui, est de la redistribuer.

Il en est tout autrement au malheureux Congo. Un Général reconverti dans l'épicerie a choisi une voie tout à fait différente. D'une origine tout ce qu'il y a de plus modeste, sans aucun génie reconnu mis à part celui qu'on lui a prêté à la Conférence nationale dans la disparition de deux de ses prédécesseurs à la tête de l'Etat, il a décidé de devenir un des hommes les plus riches du monde en créant de la richesse et du bonheur uniquement pour sa famille et ses banquiers. Sa fortune se constitue à grand pas et son secret, qui n'en est pas un, c'est le pillage intégral de ressources qui devaient favoriser l'épanouissement de tout un pays.

Le philanthrope américain, que la « Voix de la Révolution », radio nationale aurait pu traiter d'exploiteur capitaliste yankee, a déjà payé des impôts et des taxes dans son pays et dans tous les pays du monde où ses logiciels ont été vendus. Une partie de son argent va aller à l'Afrique et aussi au Congo pour combler, en particulier, les lacunes de l'épicier dans le domaine de la santé publique. Le slogan de ce dernier était : « Tout pour le peuple, rien que pour le peuple ! » Il est grand temps que cette mauvaise plaisanterie cesse.
« Tout pour le peuple, rien que pour le peuple ! ». Il est grand temps que cette mauvaise plaisanterie cesse !


Dans ce nouveau pays pauvre qu'est le Congo, il faut à tout prix et avant tout préserver la confidentialité du niveau de production pétrolière. Les partenaires étrangers présents au Congo ne contreviennent pas aux ordres venus du palais (1). Un seul opérateur communique à outrance sur le débit de chacun de ses puits : MAUREL & PROM. Manque de chance, c'est le producteur qui bénéficie d'un contrat de partage production particulièrement avantageux. Trop avantageux par rapport à ceux qui ont été signés avec AGIP et TOTAL qui reçoivent au-delà d'un seuil de prix de vente du baril, environ 30 dollars, près de 3 fois moins que MAUREL & PROM. Pourquoi pareil traitement de faveur ?

Du côte d'ENI–AGIP c'est l'omerta la plus totale, sans mauvais jeux de mots, impossible d'avoir cette année la moindre information. LIKOUAKA SA il en est de même bien évidemment. Une compagnie avec actionnaires fantômes a obligatoirement une production aussi fantôme. Quant à TOTAL, sa part de production dans le monde en 2005 a subi, du fait des accords de partage production, une baisse de 5%. En effet, plus le prix du baril augmente et moins la compagnie pétrolière française récupère de barils pour son propre compte. Malgré cela, au Congo en 2005, TOTAL a reçu 5.000 barils/jour d'équivalent pétrole supplémentaires (95.000 barils au lieu de 90.000) ce qui implique que TOTAL aurait opéré 30 à 40.000 barils de plus cette même année. Au premier trimestre 2006, la production mondiale du pétrolier français a subi le même phénomène de baisse de sa part du fait de la hausse persistante du baril à 70 dollars.

Le champ de Nkossa, dont l'huile de grande qualité ne subit qu'une décote infime par rapport au Brent, a fait l'objet d'efforts particuliers pour relancer son niveau de production. D'après les informations qui nous sont parvenues, TOTAL produirait actuellement sur ce champ 70.000 barils. Pour tenir compte du haut niveau du prix du baril de pétrole, nous avons remis à jour un document que nous avions publié l'été dernier.

D'après nos calculs et surtout nos estimations, du fait du secret instauré sur la production, l'épicerie devra gérer 5 à 6 milliards de dollars (2.500 à 3.000 milliards de FCFA) de revenus pétroliers cette année 2006. Différentes hypothèses de production sont avancées. Une chose est sûre : l'épicier n'est pas un philanthrope et si rien n'est fait nous continuerons à ne pas voir la couleur du pétrole produit au Congo
# Posté le mercredi 21 juin 2006 15:01

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